vendredi 4 mars 2011

"Druide" de Olivier Peru, éditions Eclipse



Lecture commune de Livraddict.

Un massacre vient d'être commis en plein coeur d'une forteresse sans qu'aucune explication logique ne soit trouvée. Obrigan, maître druide de la confrérie Loup est chargé de trouver l'explication de ce carnage. Il est accompagné, dans cette tâche, par ses deux jeunes apprentis. Ce massacre à eu lieu dans le château de Wishneight, sur les terres d' Yllias le roi du clan Sonrygar. Yllias montre du doigt le clan Rahimir du Nord gouverné par Jarekson, son ennemi juré.  Il donne 21 jours aux druides pour prouver que le massacre de 49  soldats n'est pas du fait du roi Jarekson sous peine de déclencher une nouvelle guerre.

Le monde est divisé en quatre lieux. Les deux royaumes qui sont séparés par une véritable cicatrice qui marque profondément la terre. Plus au Sud-Est la forêt des druides, très importante dans le roman. Et tout à fait à l'Est derrière le mur du Rodeur, une partie inconnue que seuls quelques druides ont franchi.
Un ancien pacte signé par les royaumes et les druides tient le monde en paix malgré de nombreuses tensions. Résistera-t-il a cette nouvelle crise ?
21 jours, c'est un peu juste et la tâche s'annonce très difficile surtout que des êtres invisibles et invincibles semblent roder dans la forêt. D'où viennent-ils et qui sont-ils ? Le monde des druides va-t-il sombrer ? 

Beaucoup de questions qui nous poussent à tourner les pages de ce très bon roman de Dark-Fantasy. C'est d'ailleurs bizarre la fantasy. Avec des lieux communs et un nombre très importants de sorties annuelles, certains romans arrivent encore à nous surprendre. C'est le cas de celui-ci. On retrouve la carte habituelle en début de roman pour bien situer les clans et le cheminement de nos héros.
Mais c'est le style très épique qui fait que ce roman sort du lot. On tourne les pages en voulant connaître le fin mot de l'histoire. Aucun clan ne semble innocent dans cette histoire, chacun ayant une part d'ombre et de secrets qui ne doivent pas être dévoilés. La fin est grandiose. On s'approche du style de David Gemmel dans son excellent "Légende". Ce qui n'est pas une mince référence vous en conviendrez. J'espère qu'Olivier Peru nous concoctera encore de nombreux récits dans cette qualité.


A noter qu' Olivier Péru signe aussi la couverture, très réussie, de son livre.

Voici la liste de mes petits camarades ayant participé à cette lecture commune. En cliquant sur leurs noms vous allez directement à leur chronique :
Lelsöscor13 ;  SitaNanet ; Lalou ; Sollyne ; didi8921 ; lebonsai ; Melisende ; Plumeline
(en cours, au fur et à mesure des mises en ligne)
Sandra

mardi 1 mars 2011

"Lieux infidèles" de Tana French, éditions Calmann-Lévy



Lecture faite dans le cadre d'un partenariat entre Livraddict et Calmann-Lévy. Merci à eux.

Francis Mackey n'a pas vu sa famille depuis plus de 22 ans. Il reçoit un coup de fil de cette famille lui expliquant que la valise de Rosie a été retrouvée coincée dans la cheminée d'une maison abandonnée. Rosie était sa petite amie à l'époque et ils avaient prévu, tous les deux, de fuir l'Irlande et leurs familles respectives pour aller vivre en Angleterre. Cela n'avait pu se faire, Rosie n'était pas venue au rendez-vous et avait laissé une lettre expliquant qu'elle partait. Francis et tout le monde avait pensé à l'époque qu'elle était partie seule de son côté. Le fait de retrouver la valise change considérablement la donne. Et si la famille téléphone à Francis Mackey, c'est que depuis il est devenu inspecteur de police.
Il se rend sur place et ne tarde pas à découvrir, avec son jeune frère, la dépouille de Rosie cachée sous une dalle dans cette maison abandonnée. La police locale se charge de l'enquête mais Francis Mackey ne peut s'empêcher de mener sa propre enquête.

Tana French est une auteure promise à un avenir digne de ces meilleures consoeurs si elle continue dans cette voie. Son livre se lit très facilement, on est happé par cette histoire vieille de 22 ans. Par ces familles des quartiers pauvres d'une petite ville d'Irlande. On a l'impression de regarder un épisode de "Cold case" au départ avec ses nombreux flashbacks sur la vie de Francis et de Rosie. Manque plus que la musique de cette série pour s'y croire.
L'enquête en elle même est très intéressante. On plonge dans l'histoire de ce jeune couple qui devait quitter leur vie sordide pour aller vivre leur rêve en Angleterre. La vie en a décidé autrement, Francis étant maintenant séparé et père d'une petite fille de 9 ans qui tiendra une place non négligeable dans l'enquête. Tana French rend chaque évènements et chaque personnages de manière très vivante.
Nous tenons là une nouvelle reine du crime ! Une lecture que je vous recommande vivement !

mardi 8 février 2011

"La maison où je suis mort autrefois" de Keigo Higashino chez Actes Sud, collection Actes Noirs


Sayaka Kurahashi est mal dans sa peau. Son père vient de décéder et son mari l'a quittée emmenant sa fille de 3 ans qu'elle maltraîtait. Elle est, de plus, amnésique sur la période qui précède ses 5 ans.
Elle se confie à son ex-petit ami. Dans la lettre que lui a laissé son père : une clé, et le plan pour accèder à une maison. Pour son ami, l'amnésie enfantine est quelque chose qui arrive parfois, rien de bien méchant. Pourtant, après avoir proposé son aide à son ancienne amie, ils vont découvrir une bâtisse étrange. Une maison isolée, sans électricité ni eau comme si elle avait été abandonnée. D'ailleurs a-t-elle jamais été habitée. Ensemble ils vont creuser dans la mémoire de la jeune femme, remontant à chaque découverte l'histoire de cette maison et de Sayaka.
C'est un petit roman que nous propose les éditions Actes Sud. Seulement 253 pages mais elles sont terribles. Déjà le titre porte à réflexion : "La maison où je suis mort autrefois"... Il y a une impression de malaise  qui se retrouve d'ailleurs durant la lecture. On le dévore très rapidement ce livre et on n'a qu'une envie, s'y replonger pour voir les détails de cette histoire presque "abracadabrantesque". Presque, car c'est là la force de l'auteur, Keigo Higashino, son histoire est crédible malgré tout ce qui s'est déroulé dans cette maison et autour de la maison. On plonge dans la mémoire des lieux et de la jeune fille comme dans des poupées russes, chaque couche nous plonge plus profondément dans l'inextricable.
Un gros coup de coeur.

PS : je remercie Claude Le Nocher qui m'a suggéré cette lecture.

"Le serment" de Kent HARRINGTON chez Folio, collection Policier



Partenariat entre Folio et Blog-o-book, merci à eux.
Collin Reeves est un médecin, travaillant pour la CIA. Il se trouve au Mexique et est rapidement mis à contribution par Alex Law, chef de l'antenne de la CIA sur place pour soigner les personnes qui passent entre leurs mains et celles de la police mexicaine pour interrogatoire. La tension monte d'un cran quand de nombreuses alertes indiquent qu'une bombe est en transit sur le territoire mexicain. Les futurs camicases sont peut-être déjà logés par la cellule Al-Qaida du mexique. Une course contre la montre débute.
Une nuit, Collin Reeves, qui loue à côté d'un hôtel, est appelé par son gérant. Une touriste est malade. Collin se déplace à son chevet et tombe rapidement amoureux. La jeune femme, Dolores, ne semble pas insensible au jeune médecin. Ce que ne sait pas Collin, c'est que la jeune femme, après avoir séjourné à Londres et y avoir rencontré son futur mari, s'est ensuite rendue avec lui en Irak pour s'y installer et fonder une famille. Après la naissance de leur fils, la guerre entre l'Irak et les Etats-Unis débute et lors d'un bombardement leur fils meurt. Le mari est gravement blessé, devant abandonner son métier de chirurgien. Ne serait-elle pas liée à la cellule terroriste, c'est la question que se pose Alex Law, le patron de Collin.
Le roman est bien écrit et sa lecture agréable. Le jeune médecin est un idéaliste, fidèle au serment d'Hippocrate. L'histoire en elle même est bien ficelée même si j'ai été un peu déçu par la fin, trop rapide et un peu cavalière à mon avis. Mais dans l'ensemble aucun personnage n'est caricatural et on sent que l'auteur est à l'aise avec eux. Les personnages d'Alex Law et de son acolyte Butch sont d'ailleurs récurrents à de précédents romans de Kent Harrington.
Un bon moment de lecture au final.

mercredi 19 janvier 2011

"Evadés de l'enfer" de Hal Ducan, éditions Folio SF





Lecture faite dans le cadre d'un partenariat entre Folio SF et Livraddict, merci à eux.



Eli est un clochard qui se suicide en sautant du haut d'un immeuble. Belle, une prostituée, qui voulait fuir son mac est tabassée à mort par celui-ci. Matthew, un jeune homosexuel, décédé suite à une agression très violente. Seven un tueur à gage qui fini par tomber sous les armes.
Tout ce petit monde se retrouve sur un navire qui les conduit vers une île. Le débarquement leur fait comprendre qu'ils viennent de mettre un pied en enfer. Un enfer un peu spécial par rapport à l'image qu'on en a habituellement. Il ressemble en effet plus à une grande ville américaine sous l'emprise de révoltes et de l'armée.
Les quatre compaires vont finir par se croiser et vont tenter de s'enfuir de ce lieu dont on ne ressort jamais.

C'est un roman assez court que nous livre ici Hal Duncan. Je n'avais rien lu de lui jusqu'à maintenant. Il a pourtant publié un autre livre qui a fait parler de lui, il s'agit de "Le livre de toute les heures". J'y penserais pour un futur proche.
Ce qui surprend dans "Evadés de l'enfer" c'est le rythme effréné sur lequel se déroule l'action. Pas de temps de repos, pas de sommeil. L'enfer ne laisse aucun repos. Il est structuré en plusieurs castes qui correspondent au différents degrés de fautes commises. Seven, avec son passé de tueur, est très mal placé. Il ne supportera pas longtemps la torture infligée et décidera de quitter l'endroit au plus vite en faisant ce qu'il faisait de mieux avant : prendre les armes et foncer dans le tas. Et la deuxième partie consacrée à la tentative d'évasion est juste cela : un fonçage dans le tas avec forces explosions, tirs à la mitraillette sur tout ce qui  barre le chemin. Il n'y a pas beaucoup de philosophie, même si on creuse un peu l'aspect des quatre personnages. J'aurais aimé avoir plus de recul lors de la lecture, quelques explications. Mais il n'en est aucunement question ici. Il s'agit uniquement d'un livre d'action.

mardi 7 décembre 2010

"Deux mille kilomètres avec une balle dans le coeur" de David AGRECH, éditions Le Masque



Partenariat entre Livraddict et les éditions Le Masque. Merci à eux.


Nous assistons d'entrée à ce qui semble être une exécution en pleine rue. Daniel Ferrey est la cible d'un tueur en voiture qui le laisse sur le trottoir avec trois balles dans le corps. La police se demande ce qui a bien pu déclencher ces tirs car Daniel Ferrey semble être un individu ordinaire. Il vit seul et passe ces journées à jouer au PMU avec un système qui lui rapporte l'essentiel de ses chiches revenus. Après une longue convalescence à l'hôpital. Il ressort et semble plus poussé par le désir de découvrir le visage qu'il a aperçu se pencher au dessus de lui lorsqu'il était allongé sur le trottoir, que de retrouver celui est à l'origine de cet acte. Il pense d'abord à une affiche publicitaire et fait des recherches dans ce sens. Il rencontrera la jeune femme qui a servi dans la pub et partagera même sa vie un temps. La séparation, à l'initiative de la jeune mannequin, sera très dure. Il repart sur la piste d'une femme qui se serait penchée vers lui, d'après un témoin oculaire. Il finit pas trouver une prostituée, qui n'avoue pas s'être penchée sur lui, mais il s'accroche à elle et part dans l'idée de la sortir de la spirale de la prostitution.

Daniel Ferrey est un individu qui n'est pas très important, il joue au tiercé avec son petit système, instauré par son beau-frère. Ce système a tout l'air de ressembler à du blanchiment d'argent mais Daniel n'a pas l'air de vouloir prendre plus de part dans l'affaire et même s'il se pose des questions, il n'a pas l'air pressé de savoir de quoi il retourne et si le tir dont il a été victime ne viendrait pas de là.

Ce livre a obtenu le Prix du roman d'aventure et je ne vois pas trop pourquoi. Quand on me parle d'aventures, j'imagine tout de suite la grande aventure. Ce qui n'est pas le cas ici. C'est un polar mais pas un roman d'aventure. Bizarre.... Et la lecture ne m'a pas convaincu. Le personnage est certes intéressant et attachant mais l'histoire est quand même un peu tirée par les cheveux. Notamment en ce qui concerne les personnages féminins. La première conquête de Daniel est une mannequin qui va lui demander une preuve d'amour un peu poussée. La deuxième, prostituée, est une ancienne espionne... Ca fait un peu trop pour un seul homme. Dommage, cela pêche pour la crédibilité du livre.

"Contes carnivores" de Bernard Quiriny, éditions Points



Partenariat entre Blog-O-Book et Points. Merci à eux.

Les contes carnivores de Bernard Quiriny sont des nouvelles, nombreuses, avec un petit côté fantastique. 
15 nouvelles pour être plus précis. Jamais trop longues, ni trop courtes. Avec quelques fois des constructions différentes : c'est le cas de "Souvenirs d'un tueur à gages" ou de "Chroniques musicales d'Europe et d'ailleurs" qui sont découpées en plusieurs petits paragraphes n'ayant pas de lien entre eux. Souvent l'auteur se sert des mêmes noms propres pour désigner les personnages. Nous croisons ainsi plusieurs fois Pierre Gould.

Nous commençons par la rencontre d'un bruxellois avec une très belle femme à la peau d'orange... Pour terminer par la nouvelle qui donne le titre au livre. Une histoire de plante carnivore géante qu'un botanique un peu fou ramène d'un de ses voyages.

Je l'ai lu avec beaucoup de plaisir. C'est d'abord le style de l'auteur qui m'a particulièrement plu. Il est très fluide et très clair. J'ai d'ailleurs pensé à un moment aux nouvelles de Edgar Poe. dont j'avais aussi beaucoup aimé les nouvelles. C'est souvent quelqu'un qui raconte une histoire d'ailleurs, soit verbalement à un témoin, soit par écrit.